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Music is life

Jerry Lee Lewis, la dernière boule de feu du rock’n’roll

Bymastipico

Oct 29, 2022


Publié le 29 oct. 2022 à 11:36Mis à jour le 29 oct. 2022 à 11:37

Il était le dernier de la classe des pionniers du rock and roll, né la même année qu’Elvis. Jerry Lee Lewis s’est éteint cette nuit à l’âge de 87 ans. Musicien sulfureux qui n’était qu’interprète, ses incendiaires versions de « Whole Lotta Shakin’Goin’On » ou « Great Balls Of Fire », restent des références absolues, des modèles même.

On ne peut pas en dire autant de sa vie, on ne peut plus dissolue. Alcool, bigamie et mariage contre nature, il n’y avait que le cinéma pour s’en emparer, le film de Jim McBride sorti en 1989 avec Dennis Quaid « Great Balls Of Fire ! » sera un carton. Jerry Lee Lewis retrouve ainsi un contrat de disques et goûte à la scène. Il était le dernier rocker à se produire régulièrement.

La dernière fois qu’on l’a vu, c’était au Grand Rex, le 4 novembre 2009. Il rendait hommage à ses frères et jouait « Roll Over Beethoven » de Chuck Berry, « You Win Again » de Hank Williams et « Down The Line » de Roy Orbison. Son aura était intacte même s’il ne mettait plus le feu à son piano depuis longtemps. Il s’était assagi.

Jerry Lee Lewis avait immédiatement perçu l’encombrement de son piano. Furieux de ne pouvoir se déhancher pour provoquer la convoitise du public féminin, il trouva un autre stratagème pour se faire remarquer, attaquant le clavier avec ses pieds, avant de s’asseoir dessus tout en marquant le tempo.

Devant l’enthousiasme grandissant du public, il le pilonne régulièrement, façon punching-ball, et un soir lui met même le feu. Ceci, dix ans avant que Jimi Hendrix ne fasse de même avec sa guitare, la légende était lancée.

Prodige à 14 ans

Jerry Lee Lewis pousse son premier cri le 29 septembre 1935 en Louisiane dans la petite ville de Ferriday. Il est le deuxième fils d’Elmo et Mary Ethel. Officiellement son père est fermier mais officieusement, ce dernier est passé maître dans la distillation d’alcool. Plutôt qu’un enrichissement clandestin, cela sera source de problème avec les autorités. Elmo passe son temps en prison.

Heureusement, son oncle est prédicateur dans une église, c’est ainsi que le jeune Jerry Lee découvre le gospel. Pour ses huit ans, ses parents lui offrent un piano, payé 280 dollars. Une petite fortune. Mais surtout le début d’une histoire qui tournera à l’obsession. Le pianiste en herbe développe rapidement un toucher magique très inspiré du boogie-woogie.

A 14 ans il donne son premier concert, son père passe le chapeau et récolte la somme de 14 dollars ! Ce sera le début d’un business lucratif. Jerry est embrigadé dans un système qui ne lui laissera pas le temps d’aller à l’école, ou même de composer. Le public veut de la country. Il lui en donne.

Au mois de février 1952, il se marie une première fois avec une certaine Dorothy, ce qui ne l’empêche à l’été, de tomber amoureux de Jane, qu’il épouse également. Il est bigame plusieurs mois, habite à Nashville et court péniblement après les cachets.

En 1956, il enregistre pour le mythique label Sun basé à Memphis des morceaux, qui proposent une osmose jusque-là jamais égalée, un parfait mix de hargne et de douceur. Son « Whole Lotta Shakin’ Goin On » se vend à 7 millions de copies, « Great Balls Of Fire » presque autant. Ses cachets passent à 10.000 dollars, soudainement ils ont été multipliés par cent.

Scandale et rédemption

En 1958, la pourtant très attendue tournée anglaise tourne au cauchemar, car un scandale éclate. Le 11 décembre 1957, Jerry Lee a épousé sa cousine Myra Gayle Brown, alors âgée de 13 ans. Même si cette pratique, hélas, n’était alors pas si exceptionnelle – Frankie Jean la propre soeur de Jerry Lee s’étant elle-même mariée à l’âge de 12 ans – , l’Europe est profondément choquée quand elle apprend la nouvelle. Légalement pourtant, il est impossible de le mettre en prison.

Le rocker mettra des années à s’en relever, c’est la première traversée du désert, qui durera jusqu’en 1963-1964. Il revient tourner en Europe, et à l’heure où les Beatles et les Rolling Stones cartonnent il fait figure de pionnier et vénéré comme tel. Tout le monde semble avoir oublié ses amours avec une enfant. Il est encore en pleine possession de ses moyens. C’est sans doute sa meilleure période en scène, car il n’hésite jamais à se donner en spectacle et se défouler sur son piano.

Mais ce retour en grâce étant surtout dû à ses concerts, son nouveau label Mercury le pousse à enregistrer de la country, car aux Etats-Unis c’est la seule musique qui fait vendre. Jerry obéit, et s’efface peu à peu dans les mémoires des rockers, jusqu’au film où Denis Quaid l’incarne à la perfection. A 50 ans bien tassés, il repartira sur les routes. Donnant le sentiment que le rock’n’roll ne mourra jamais. Jusqu’à un certain jour d’octobre 2022.



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